Donald Trump, l’aboutissement du sophisme

(1/3) Détour par l’Attique présocratique

La Grèce antique est célébrée dans les sociétés contemporaines qui se sont imprégnées de certains de ses concepts et disciplines. Parmi celles-ci, nous retrouvons par exemple la philosophie ou encore la physique, tous deux des disciplines qui puisent leurs fondements dans le bassin méditerranéen. Un concept, brandi à longueur d’intervention télévisée qui a cheminé jusqu’à nos jours, se nomme la démocratie.

Ce terme nous est parvenu à la suite d’une réflexion née à la fin du VIe siècle av. n. ère au sein des cités grecques, alors confrontées à une grave crise politique et sociale. D’une part, les petits paysans des cités athéniennes, n’arrivant plus à éponger leur dettes faute d’écoulement de leur production, se vendirent comme esclaves à des urbains plus aisés, venus concurrencer des artisans fortunés. Cela eut pour effet de donner naissance à une nouvelle classe sociale au sein de la cité grecque (sorte de petite bourgeoisie, bien qu’il s’agit d’un anachronisme), introduisant des rapports nouveaux venus déstabiliser le commerce grec. D’autre part, les aristocraties commencèrent à développer des structures militaires destinées à combattre en phalanges hoplitiques au détriment des combattants à cheval moins coordonnés.

N.B. D’autres éléments sont également à considérer, notamment l’introduction de la monnaie à cette époque pour chaque cité grecque. Il s’agit ici de donner un aperçu général pour expliquer le contexte d’émergence de la « démocratie ».

La démocratie nait donc dans le sillage de cette double évolution des cités grecques qui eurent pour conséquence de creuser les rapports inégalitaires entre les artistocrates, les artisans, les petits commerçants bourgeois et les paysans réduits à l’esclavage. Il est important d’étayer chacun des rangs individuellement car pour le VIIe siècle, il est encore impossible de parler de « citoyens ». Par définition le terme de citoyen renvoie à l’idée qu’un être humain est dépositaire d’une légitimité à s’exprimer et à exercer un droit dans la cité au même titre qu’un autre. Certains théoriciens de la vie politique fondèrent leurs observations sur le fait qu’exercer une métier pouvait déjà s’avérer suffisant pour qualifier un individu de citoyen. Que penser de l’aristocrate vivant de ses rentes et n’exerçant aucun métier? Il se retrouverait dès lors exclut de la définition.

Les inégalités entre les classes sociales provoquèrent des mécontentements au sein des classes paupérisées qui réclamèrent un encadrement des classes supérieures. Une des grandes revendications fut la codification des propriétés agraires des artistocrates. Face à cette situation agitée, les aristocrates athéniens mandatèrent dès -680 des archontes chargés d’opérer des transformations de la royauté pendant leurs mandatures. Paradoxalement, cette fonction fut uniquement réservée aux aristocrates. Le plus notable est Dracon, issu de la classe des Eupatrides, les bien-nés. Il est connu dans l’Histoire avoir rédigé en -621 les premières lois sur le « meurtre ». Elle lui survivront pendant plus de deux siècles. Viendront après lui d’autres archontes qui rédigeront d’autres lois.

Socrate : La naissance de la philosophie morale

Nous voici désormais au Ve siècle av. n. ère. C’est à cette époque que les Historiens place sur la ligne du temps la naissance de la philosophie morale. Son premier et plus ancien représentant est Socrate. Selon les sources qui ont résisté au temps et aux tyrans, Socrate serait né vers -470 à Alopèce, une circonscription administrative rattachée à Athènes.

La particularité de ce personnage réside dans le fait qu’il nous est accessible et familier, alors que les Historiens de l’Antiquité ne lui attribuent aucun écrit. Les responsables de la résilience du philosophe sont deux auteurs grecs ayant écrit sur lui. L’un, à travers des hommages posthumes laissés aux futures générations comme une trace des valeurs transmises par celui dont il fut l’élève. Il s’agit de Platon. L’autre, à travers une comédie classique accusatrice qui mena, selon Platon, le philosophe à sa perte à l’issue d’un procès en -399. Il s’agit d’Aristophane.