La France insoumise fait l’objet d’une attaque en règle de la part de l’ensemble de la classe politique française. Son tort ? Ne pas avoir employé le mot « terrorisme » afin de désigner les actes survenus en Israël ce samedi 7 octobre 2023.
Dans sa première déclaration écrite du 7 octobre, le secrétaire générale de l’ONU, Antonio Guterres, n’avait lui aussi pas qualifié les assaillants de « terroristes », évoquant plutôt des « groupes armés palestiniens ». Le groupe parlementaire de la France insoumise, dans un communiqué partagé sur le réseau social X au premier jour de l’attaque parlait quant à lui d’une « offensive armée des forces palestiniennes menée par le Hamas ».
Lundi 9 octobre 2023, Antonio Guterres, dans son troisième communiqué au sujet des attaques du Hamas contre Israël, n’avait toujours pas employé le mot « terrorisme » pour désigner les actes commis par le Hamas, préférant le terme « terreur ». Dans cette même déclaration, il a indiqué reconnaitre les griefs légitimes du peuple palestinen », une manière d’indirecte d’évoquer les multiples résolutions de l’ONU qui ont visé Israël ces derniers mois et ces dernières années.
140 résolutions de l’ONU contre Israël depuis 2015
La France insoumise a rappelé dans sa déclaration que les attaques intervenaient dans un « contexte d’intensification de la politique d’occupation israélienne à Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem Est ». Cette phrase, qui fait écho à celle d’Antonio Guterres, a été vue par les adversaires de LFI comme une tentative de renvoyer dos-à-dos le Gouvernement israélien et le Hamas.
L’Etat hébreu fait depuis longtemps l’objet de résolutions votées contre lui à l’Assemblée Générale et au Conseil de sécurité de l’ONU. Sur la seule année 2022, Israël a fait l’objet de 15 résolutions approuvées contre lui, contre 13 résolutions pour tous les autres pays de l’ONU. Fin 2022, le ministre des affaires étrangères israélien nouvellement désigné, Eli Cohen, dénonçait la décision de l’Assemblée Générale de l’ONU de demander un avis consultatif sur le conflit israélo-palestinien à la Cour internationale de justice, fustigeant une attitude « anti-israélienne » et un soutien apporté aux organisations terroristes par les Nations-Unies.
Le 13 avril 2023, des experts indépendants affilés aux questions relatives aux droits de l’homme des Nations-Unies ont appelé la communauté internationale à prendre des mesures immédiates pour mettre fin aux expulsions forcées et au déplacement des Palestiniens de Jérusalem-Est par Israël dans le cadre de l’annexion et de la « dépalestinisation » de la ville. Dans cette déclaration d’avril, ces experts ont rappelé que le Gouvernement israélien se rendait coupable de ce qui s’apparente à « première vue à des crimes de guerre ».
Ces experts indépendants indiquent que des nouvelles lois discriminatoires votées par la majorité d’extreme-droite israélienne, qui a vu entrer au gouvernement des groupes ouvertement anti-arabes, sexistes et racistes, favorisent les organisations de colons à exproprier de leurs propriétés les Palestiniens.
Attirer l’attention par la terreur
Le conflit israélo-palestinen a perdu en intensité médiatique ces derniers mois, mais il restait bien présent au sein de l’ONU, qui demande depuis des années le retrait des troupes israéliennes des territoires occupés illégalemment en Cisjordanie et à Jerusalem-Est. Les atrocités commises par le Hamas en ce weekend d’octobre, cinquante ans jour pour jour après la Guerre de Kippour, peuvent être perçues comme une tentative de l’organisation islamiste d’attirer l’attention de la communauté internationale sur une région qui ces derniers temps avait fini par tomber dans l’oubli.