Les pays du vieux continent connaissent une deuxième vague particulièrement rude de l’épidémie du Covid-19. Depuis octobre et la baisse des températures, les indicateurs de santé se sont dégradés dans tous les pays, après un été qui laissa présager que le pire était pourtant passé.
Au début de l’automne, la Belgique – et surtout les régions bruxelloise et wallonne – fut pendant plusieurs semaines pointée du doigt avant que d’autres pays ne la rejoignent dans la liste des mauvais élèves. Les cas de contaminations ont littéralement explosé dans le Royaume du Nord, forçant les autorités sanitaires à revoir leur stratégie en matière de dépistage du virus. Les personnes ayant été en contact rapproché avec des cas positifs ont été priées de ne plus se faire dépister, faute de place dans les centres. De manière artificielle, les chiffres des cas de contaminiations ont chuté. L’attention s’est alors uniquement focalisée sur les patients présentants des symptômes de la maladie.
Parmi les mauvais élèves, qui ont rejoint la Belgique, figurent l’Autriche et le Luxembourg, tous deux auréolés par l’OMS pour leur bonne gestion de la 1ère vague épidémique au printemps. La situation s’est drastiquement déteriorent sur leurs territoires à l’automne. Alors que la plupart des pays ont fait le choix du reconfinement entre octobre et novembre, le Luxembourg a joué au jeu du Solitaire en gardant ses commerces ouverts pendant que ses voisins encouragaient leurs populations à rester confinées. Les frontaliers allemands, belges et français, attirés par la mollesse sanitaire du Luxembourg, ont par milliers défiés les règles imposées dans leurs pays pour aller faire des achats de l’autre côté de la frontière.
Les rues luxembourgeoises, d’habitude désertes, étaient noires de monde plusieurs weekend d’affilés. Des files d’attentes se formaient en dehors des magasins et même devant des restaurants et cafés, au mépris des gestes barrières et des distanciations physiques entre personnes. Le temps ensoleillé lors de ces samedis encouraga encore davantage de personnes à se déplacer dans cet État qui n’a imposé aucune obligation sur le port du masque, se contentant simplement de le recommander.
Face à l’augmentation latente des nouveaux cas de contaminations, le Grand-Duché a fini par céder. La semaine du 21 novembre, les autorités luxembourgeoises ont décidé de donner un coup de visse pour endiguer une épidémie qui gagnait du terrain. Pendant des semaines, le Luxembourg a néanmoins pu tirer son épingle du jeu en encourageant presque les étrangers à venir assouvir leurs besoins sociaux dans leurs commerces. Désormais les commerces de l’Horeca devront rester fermés jusqu’à nouvel ordre. La timide mesure de couvre-feu imposée depuis le mois d’octobre n’aura eu aucun effet sur une tendance qui, au contraire, n’a fait que s’amplifier.
Les épidémiologistes retiennent que parmi les mesures efficaces dans la lutte contre une épidémie figure l’arrêt de la ciruclation des marchandises et des gens. Ces mesures sont davantage recommandées que des couvre-feux qui ne reposent sur aucune validité scientifique.
Appuyé au niveau politique, le couvre-feu relève de l’arbitraire et pousse certains esprits rebelles à vitupérer contre des décisions privées de bon sens. En Belgique, les citoyens en ont fait les frais lorsqu’en Wallonie le couvre-feu fut instauré à partir de 22h, tandis qu’en Flandre il ne s’appliqua qu’à minuit.
Ces politiques arbitraires ne sont ni souhaitables, ni efficaces pour créer un sentiment d’adhésion des citoyens qui souffrent d’une grave crise de confiance envers leurs dirigeants et qui plus que jamais doivent bénéficier d’un État fort capable prendre des décisions cohérentes, quitte ce qu’elles soient impopulaires.